Ceux et celles qui me connaissent bien, à Joigny et ailleurs, savent que la question palestinienne constitue et constituera, aux côtés du FSLN du Nicaragua,
l'une des préoccupations fondamentales de mon existence.
j'ai servi dans les brigades internationales du FSLN au Nicaragua tout de suite après la chute du dictateur SOMOZA, un peu plus tard, mon destin m'a conduit à vivre la première INTIFADA en
1986 en Palestine.
Quelques années plus tard, à la demande du PCE (parti communiste espagnol), j'assurais les premiers échanges entre le bureau de l'OLP à Paris et des émissaires de ce parti.
Aussi, le texte que je vous propose ci-dessous participe d'une vision politique fondée sur un principe de réalité sincère et loyal envers mes engagements, non édulcoré par une quelconque
"langue de bois."
En massacrant et en blessant des milliers de civils de décembre 2008 à la fin janvier 2009, cela continue de manière épisodique encore aujourd'hui, le gouvernement israélien a tenté de terroriser l’ensemble du peuple palestinien, de lui montrer le « coût » de la résistance et de le pousser à la rébellion contre le Hamas et les forces qui refusent de capituler.
L’offensive militaire israélienne avait pour but de désarmer la
résistance et de diviser sa direction pour l’obliger à se soumettre à l’autorité de Mahmoud Abbas.
En voulant briser le Hamas qui est aujourd’hui l’épine dorsale de la résistance, c’est l’ensemble de la résistance du peuple palestinien que les dirigeants israéliens veulent anéantir.
Le Hamas est la direction démocratiquement élue des
Palestiniens, contrairement à ce que prétendent les propagandes israélienne et occidentale qui présentent le gouvernement de Gaza comme issu d’un simple coup d’Etat.
Depuis sa création en 1987, fortement encouragée, à l’époque par l’Etat d’Israël afin de diviser l’OLP, Le Hamas n’a pas renoncé à la libération de la Palestine et à la résistance contre
l’occupation israélienne.
Le mouvement Hamas ( traduisible en français par courage, détermination, exaltation) se définit comme un parti politique composé de musulmans, de chrétiens, d’athées, etc…). D’ailleurs, certains de ses élus sont de confession chrétienne. Cette résistance rappelle au monde entier et à Israël l’illégitimité de l’occupation de la Palestine.
Ne pas reconnaître l’élection du Hamas, organisée sous les auspices de la communauté internationale, constitue un déni de démocratie et accrédite la thèse du
mouvement « infréquentable avec lequel aucune négociation ne deviendrait possible… ».
Les dirigeants orientaux et occidentaux doivent admettre l’existence d’autres forces de résistance distinctes du gouvernement du président Mahmoud ABBAS,
aujourd'hui démissionnaire, exclusivement orienté par les choix politiques du mouvement Al-Fatah.
Par ailleurs, Les Palestiniens ne doivent pas porter la culpabilité d’un Occident qui a commis la barbarie la plus abjecte de l’humanité :
l’holocauste.
Depuis 60 ans, le Moyen-Orient connaît une tension permanente, plusieurs guerres opposèrent Israël à ses voisins arabes, certains craignent que cette situation ne
se transforme en conflit mondial.
Combien de temps faudra-t-il aux héritiers de Ben GOURION pour comprendre que la stabilité géopolitique du monde impose la coexistence de deux Etats
souverains : palestinien et israélien avec des frontières sûres et reconnues pour chacun d’entre d’eux.
Depuis la remise en question des accords d’Oslo, les territoires palestiniens ressemblent à des « Bantoustans » comparables à ceux de l’Afrique du Sud
lors de l’apartheid.
Le parti Shass : membre de la coalition majoritaire depuis les élections du 10 février 2009 exige la fin de toute discussion avec les palestiniens : Hamas
ou Autorité palestinienne et en outre, il demande la déportation en Cisjordanie de tous les arabes israéliens résidant en Israël depuis sa création en 1949. Cette attitude symbolise une volonté
de nettoyage ethnique.
Comment l’Union Européenne, la nouvelle administration américaine, les pays arabes réagiront-ils à cette orientation politique, désormais explicitement fondée sur
un concept d’hégémonie raciale ? sensiblement identique à la notion de pureté de sang instaurée par Isabelle la Catholique et Ferdinand d’Aragon après la chute du royaume musulman de Grenade
en 1492.
Luis-Nourredine
PITA

