EGALITE, EQUITE, UNIVERSALITE

Publié le par PITA



Les mots égalité, équité, droits de l’Homme, universalité, trônent sur toutes les lèvres de la bien-pensante conscience occidentale. Ainsi la béate satisfaction de soi-même saute à nos yeux telles des braises qui nous rendent aveugles envers le malheur de l’Autre, celui qui contrairement à ce qu’écrivait Massignon, nous paraît très lointain.

 L’amour de soi appelé “pompeusement” humanisme nous donne des airs de supériorité intellectuelle inconsciemment assumée. On l’objecte aux autres civilisations et l’on s’indigne lorsque les Africains, les Amérindiens, les Arabes, les Asiatiques se révoltent, fût-ce sous la forme d’un désaccord feutré. L’on rejette par une sorte de réflexe mental, toute tentative de rectification, de remise en question de la vision occidentale, car on ne supporte aucune contradiction.

 On enseigne dans les écoles, collèges, lycées, les droits de l’Homme comme s’ils étaient universels, c’est-à-dire recevables et applicables, stricto sensu, dans toutes les cultures de la planète Terre. Qui connaît, par exemple, l’existence de la déclaration islamique des droits de l’Homme et du citoyen convergente mais aussi divergente sur bien des points avec la déclaration de 1789. Ce phénomène qui semblait aller en s’affaiblissant dans les années quatre-vingt-dix, revient en force partout en Europe. Les discours que l’on croyait révolus car dignes d’un passé peu élogieux s’affirment en toute tranquillité : négrophobie, islamophobie, font rage.

 Des écrivains, des dessinateurs célèbres, des journalistes, des éditorialistes, des députés, etc. emploient des expressions calomnieuses pour désigner le Coran, et ce, en toute impunité. Pourrait-on imaginer, un seul instant, les mêmes épithètes à propos de la Bible, de la Torah, du Tao-Te-King… Bien sûr que non, la Ligue des droits de l’Homme, SOS Racisme, déposeraient immédiatement, à juste titre, une plainte pour incitation à la haine raciale.

 En revanche, s’agissant de l’Islam, tout est permis, des psychanalystes, des professeurs du secondaire, des chroniqueurs, des présentateurs de télévision, des citoyens sans statut socioprofessionnel reconnu, s’autorisent à publier des écrits, voire des livres sur le Coran, les enseignements du Prophète Muhammad.

 Le même constat s’effectue avec le néologisme “ENE” (étrangers non européens) majoritairement originaires du continent africain. Dans ce cas, la négrophobie ambiante alimente toutes les angoisses, les peurs, les haines. Ainsi, dans la France du gouvernement Sarkozy, la police est condamnée à harceler les immigrés jusque devant les écoles républicaines. Le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale impose un quota d’expulsions de ces métèques hypocrites, débauchés et qui ne peuvent que manger le pain des autres.

 Le bon français “de souche” que le mouvement des indigènes de la République désigne par le terme "souchien" manifeste quelques craintes à vivre aux côtés des peuples qui ne sont pas encore entrés dans l’Histoire. Pour ce faire, il suffirait de reconnaître officiellement la traite négrière comme un crime contre l’Humanité comparable au génocide des Juifs et des Tsiganes lors de l’Holocauste. Depuis 2006, le 10 mai est devenu, en France métropolitaine, la journée commémorative de l’abolition de l’esclavage.

 Dans la continuité de cet événement, exigeons les principes d’égalité, d’équité et d’universalité pour cet “Autre” qui vit à mes côtés avant de vouloir les exporter vers des peuples extra-européens teintés des miasmes du colonialisme.

 Luis-Nourredine Pita.
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Publié dans SOCIETE

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