Sans nécessairement jouer à "l'homme révolté" propre à Camus, il faut bien un jour ou l'autre se poser la question de la vie ici-bas.
Certes, d'emblée, m'exprimant ainsi, on présuppose, a priori, ma croyance en quelque chose qui ne se situe pas dans ce bas-monde. La réalité n'est pas aussi simple, la question de Dieu ne relève pas d'une quelconque rationalité, d'ailleurs, il devient très aisé comme le faisait Voltaire de démontrer la non existence rationnelle de Dieu.
Si l'on pose comme postulat que Dieu est Un et qu'on le considére comme parfait puisque l'imparfait ne saurait lui être associé. Comment le parfait peut-il créer de l'imparfait (le Mal, la souffrance, les calamités naturelles, etc...) ?
S'il crée de l'imparfait, c'est qu'il possède de manière intrinséque une dimension non parfaite; Donc, il n'est pas parfait, donc ce n'est plus Dieu, donc Dieu n'existe pas...
Nonobstant, réduire Dieu ou le Divin comme le faisaient les Grecs et les Romains à la Raison, fût-elle celle des lumières, revient à lui attribuer une nature humaine. En effet, qui pense ici-bas, sinon l'humain, d'autres diraient l'homo Sapiens.
Aussi, s'appuyer sur un tel raisonnement pour affirmer la non existence de Dieu devient tout simplement une attitude ABSURDE.
En effet, cette question dépasse les catégories de l'entendement, de la logique pour adhérer à l'îmane (la foi) qui ne fait l'objet d'aucune science exacte mais d'une démarche spirituelle et volontaire de celui qui sait ouvrir son coeur à l'au-delà. C'est prècisément à cet instant que la vie ici-bas cesse de demeurer absurde car les actes commis sur Terre visent à préparer le monde futur non pas irréel mais bien réel que tous nous rencontrerons après notre dernier soupir. Cette vie nouvelle synonyme d'éternité dans la félicité ou dans le feu si nous subissons la malédiction d'Allah (SWT).
Auusi pour le croyant au Dieu Unique et, a fortiori, le Musulman, la vie terrestre a bien un sens ; par contre pour celui qui se définit comme athée, la vie terrestre, non seulement n'a pas de sens mais elle devient synonyme d'absurdité car elle reste vouée au mythe de Sisyphe, c'est-à-dire la théorie de l'éternel recommencement, à l'image de Sisyphe qui, dès qu'il venait de remonter la pierre jusqu'au somment de la montagne, cette dernière retombait immédiatement et il ne lui restait plus qu'à recommencer!
Sans croyance, notre vie terrestre consiste à se complaire dans une routine qui conduit la destinée de l'humanité au suicide individuel ou collectif. nés du Néant, nous retournerions vers le Néant dès notre mort physique et charnelle. Quel intérêt de vivre ainsi, en dehors du fait de manifester notre animalité raisonnable ou pas comme l'écrivait Aristote mais animalité avant tout.
Chaque jour, nous accomplissons peu ou prou les mêmes gestes, les mêmes actes lors de notre passage sur terre (manger, boire, dormir, copuler, étudier, travailler, etc...) alors que l'espérance de vie s'allonge d'année en année, elle risque de devenir terriblement ennuyeuse.
"L'existence précède l'essence" ou la croyance précède l'essence ?" Telle est la question fondamentale.
Luis-Nourredine PITA.