UN SMIC CULTUREL!

Publié le par PITA

 

'asalamu'aleikum chers auditeurs,

Lors de ma précédente émission, je rappelai le propos de l'universitaire Sadek SELLAM qui plaide pour l'instauration d'un SMIC culturel afin de favoriser la communication entre musulmans et non musulmans.

 

Cette communication ne pourra s'effectuer que sur le terrain de la philosophie, c'est-à-dire l'existence d'un espace rationnel au sein duquel la discussion peut dépasser l'irréductible opposition de la théologie, c'est en ce sens que le dialogue des religions me semble nécessaire, afin de devenir un lieu de réflexion, voire de convergences au sens du propos fréquemment émis par le père Theilhard de Chardin : "TOUT CE QUI MONTE CONVERGE".


Dans le même temps, ce dialogue des religions ne saurait aboutir à un syncrétisme annihilateur d'identité. En effet : N'a-t-on pas l'habitude d'affirmer que dans les colloques interreligieux le non dit est toujours plus important que le dit ?

 

 

Néanmoins, c'est sur le terrain de la philosophie que les religions peuvent se rencontrer. Non pas que le terrain de la philosophie soit neutre comme est censé l'être celui de la science. Il est aussi conflictuel mais il traite le conflit des idées, non le conflit des croyances qui est tout différent.

Néanmoins, c'est sur le terrain de la philosophie que les religions peuvent se rencontrer. Non pas que le terrain de la philosophie soit neutre comme est censé l'être celui de la science. Il est aussi conflictuel mais il traite le conflit des idées, non le conflit des croyances qui est tout différent.

 

 

Il est bien évident qu'il ne s'agit pas de philosopher avec son voisin de palier : musulman, chrétien, juif ou athée, mais qu'un effort spéculatif soit accompli de part et d'autre pour que le musulman et le non musulman fassent fleurir ensemble un fruit mixte : synthèse des vertus de l'Islam et des valeurs rationalistes.

 

Plus les musulmans valoriseront leur capital spirituel et culturel, plus, ils seront en mesure d'apprécier Molière et Racine et, a contrario, le non musulman ne pourra comprendre Ibn Rushd dit Averroes, Ibn Sina dit Avicenne que si et seulement si, il maîtrise les textes de Saint-Augustin, Descartes et Saint-Thomas d'Aquin.

 

Si le musulman veut vivre pleinement dans l'Islam et tout aussi pleinement dans la société française, il ne pourra faire l'économie d'un certain nombre d'interrogations telles que :

--l'élaboration d'une réflexion sur l'Islam à la lumière de l'apport scientifique et technique ;

-comment vivre en tant que musulman de culture française dans un milieu sécularisé ?

 

 

Même si la mémoire et la spiritualité de la communauté musulmane de France s'inscrivent dans une tradition essentiellement orale enracinée dans le livre sacré du Coran, il va de soi que la consolidation de cette mémoire et cette spiritualité passe par une rationalité qui, loin de tarir le spirituel tend à le vivifier. Cette exigence présuppose un investissement intellectuel des musulmans de l'hexagone et des Dom-Tom pour éclairer leurs coreligionnaires mais aussi l'ensemble de la société française sur les éléments de réponse, des clarifications nécessaires ou tout simplement par une contribution à la progression de la connaissance eu égard à ce qu'il est convenu d'appeler "les grands problèmes de société". Ceci devient un impératif pour tous : savants religieux et profanes.

 

Au moment où des libre-penseurs, des juifs, des chrétiens admettent que les religions concourent à la formation de l'esprit public, il paraît souhaitable que des musulmans participent pleinement à cette démarche qui vise à reconnaître le rôle moral et éducatif du religieux au sein de la société française.

 

Chers auditeurs, 'asalmu'aleikum et à la semaine prochaine, inch'Allah.

Luis-Nourredine PITA.

Publicité

Publié dans SOCIETE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article