2004 : LE FOULARD DIT "ISLAMIQUE", 2010 : LE VOILE INTEGRAL!
Ces deux dates resteront gravées dans l'histoire de France comme deux décisions législatives communautaristes. Sur les trois sénateurs de la Réunion, seul Jean-Paul VIRAPOULLE a voté pour l'interdiction du voile intégral. Sachons reconnaître le courage politique de Anne-Marie PAYET : seule élue de la République a s'être opposée à cette interdiction, Saluons également le geste de Gelita HOARAU qui n'a pas participé au vote. Ces lois désormais applicables à tous, pour la première, c'est déjà le cas depuis l'interdiction de ce que le législateur nomma le "foulard islamique", la seconde en attente d'examen par le Conseil Costitutionnel, visent par essence l'intérêt général alors qu'elles n'ont été conçues que pour une catégorie de personnes, disons le clairement pour des filles ou des femmes de confession musulmane.
Ainsi surgit une première contradiction : comment peut-on légiférer pour ce qui relève du cas particulier, voire de l'exceptionnel ? Que devient dans cette logique la notion d'intérêt général : essence par excellence d'une Démocratie ? Selon les statistiques les plus audacieuses, les personnes portant le voile intégral en France seraient environ 1900, dans une information parue dans le quotidien "Le Monde" de juillet 2009, les renseignements généraux évoquaient 400 personnes sur un pays qui compte 64 millions d'habitants et de 6 à 7 millions de musulmans, ces deux chiffres révélent des situations marginales. Je précise que la laïcité républicaine interdit tout recensement d'appartenance con fessionnelle.
Une deuxième contradiction exposée par Tocqueville dans son ouvrage "De la Démocratie en Amérique" consiste à imposer une uniformité fondée sur le principe de l'égalité. La République du président Nicolas SARKOSY tendrait à uniformiser non seulement les droits et devoirs des citoyens, ce qui semble évident, mais aussi leurs droits individuels et privés : la liberté de porter un foulard, un voile intégral, bientôt de porter une barbe, etc... ce qui génère une atteinte indéniable à leur liberté éthique et morale. En revanche, "un nombril à l'air, si possible revêtu d'un piecring" acquiert une légitimité que nul ne saurait contester alors que porter un voile intégral s'apparente à un délit passible d'une amende de 150 € assortie d'un éventuel stage de "citoyenneté".
Une troisième contradiction interroge sur la légitimité d'un Etat qui sélectionne les droits de l'homme, par exemple interdire à une femme de revêtir ses cheveux d'un foulard, son corps d'un voile intégral, en revanche inciter une personne de sexe féminin à valoriser un piecing sur un "nombril dénudé" et ce, fusse au nom de l'interêt collectif.
Jean-Jacques ROUSSEAU l'explicite très nettement dans un extrait du "Contrat Social" lorsqu'il écrit : "Outre la personne publique, nous avons à considérer les personnes privées qui la composent, et dont la vie et la liberté sont naturellement indépendantes d'elle".
La dignité et la valeur des personnes ne sauraient être subordonnées à la volonté du Prince, fût-il Nicolas 1er : alias SARKOSY : Empereur du royaume de France.
Luis-Nourredine PITA.