senteurs, saveurs, couleurs, histoires bourbonnaises

Publié le par PITA

Ce matin, je prends mon petit-déjeûner tout en contemplant cette luminescence qui précède l'aurore quand le soleil descend de la montagne. Devant moi, cet Océan majestueux qui vient écraser son écume sur le bord de la falaise, je ressens physiquement ce verset de la Genèse : "L'esprit de Dieu planait sur les eaux". Mon regard s'évade jusqu'à cet horizon qui se confond aux îles avec la barre de jour : filet entrecroisé de ténèbres et de lumière.

Assis dans ma varangue (mot créole qui désigne terrasse), j'admire ces couleurs vives animées par le manguier, le papayer, le bananier aux feuilles lisses et élancées lègèrement veloutées, quelques pieds de café péi (production locale) complètent ces couleurs par une senteur de café qui caresse mes narines... Et l'arôme se répand me rappelant ces vieilles légendes évoquées par l'écrivain réunionnais Jean ALBANY lorsque les vieilles filles faiseuses de café : tante Titine, Tante Manette, et la grand-mère Fifite, moulaient les grains de café au moulin à main.

Des oiseaux multicolores émettent leur saynète matinale, il est 5h, tout demeure silencieux, seule la rumeur océane et le frémissement du terroir clament aux sourds que cette île a une âme.

je m'abandonne à mes rêveries et remonte l'histoire de cette terre, de ce peuple qui ne sera jamais plus esclave! Mil-Huit-Cent-Quarante-Huit a semé les noces du rire ; même si l'Arche de liberté n'a pas encore déversé au Centuple sa moisson d'égalité et de fraternité.


Luis-Nourredine PITA.

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