FAZELE
Tout d'abord, n'appartenant ni à la génération internet, ni à celle de l'ordinateur portable, il m'arrive de riper sur les touches de mon clavier.
Aussi, je vous demande une certaine indulgence, non pas sur le fond mais sur la forme.
Eu égard à l'effervescence de la campagne électorale jovinienne et à une certaine agitation des consciences, je souhaiterais partager avec vous cette ode intitulée : FAZELE : anagramme de falaise, écrit par un collègue : Jean-Claude Carpanin MARIMOUTOU : professeur de littérature française à l'université de La Réunion.
FAZELE
Souffrances sur un podium
Quand d'autres jouent
Habillés
les livres prennent la forme de plumes
Maloya de nos enfants
Car nous saurons enfin qui chante
Non plus du fond de nos coeurs d'esclaves
Les arrières-cours sont fermées depuis longtemps
Exorcismes exorcismes
Appel africain au-dedans de nous
Et monte le grand feu
Le grand incendie
Non pas de nos prières
(nous n'en avons plus depuis longtemps)
De nos révoltes, de nos haines
Comme sabre sur galet
Comme galet sur sabre
De notre amour
Explosera tout ce qui doit exploser
germera tout ce qui doit germer
Fleurira tout ce qui doit fleurir
En cet été de nos corps
Où nous ne croyons plus
Qu'en nos propres secours
Nous te laissons les paroles lyriques
Mao
L'étincelle
C'est nous qui la mettrons
Et la plaine brûlera
Comme si nous nous étions servis de nos coeurs
Bonne lecture et à bientôt.
Luis-Nourredine PITA.