COHABITATION ENTRE MUSULMANS ET NON MUSULMANS.
Vous trouverez ci-dessous ma chronique hebdomadaire qui sera diffusée le vendredi 9 avril sur les ondes de RFO-Réunion.
Chers auditeurs, a'salamu'aleikum,
Dans cet esprit, le substantif cohabitation recèle l'idée d'une juxtaposition de deux entités dont l'alliance semble contre-nature, surtout après les expériences politiques françaises de 1986-1988, 1993-1995, 1997-2002, de plus le mot cohabitation véhicule une image de statu quo pouvant se transformer à tout moment en conflit.
Par conséquent, il vaut mieux substituer l'esprit de communion à celui de cohabitation.
Depuis des années, des musulmans et des non musulmans de France prennent des initiatives pour témoigner d'une même appartenance à la famille abrahamique ; malgré des groupes de réflexion, voire de prière, partie prenante du dialogue interreligieux auxquelles s'ajoutent de part et d'autre des rencontres, des déclarations fraternelles, porteuses d'une unique espérance par des imams, des evêques, des rabbins, il faut bien reconnaître que la perspective d'acheter un terrain dans l'hexagone pour y construire une mosquée soulève des tollés, des passions, des craintes, des angoisses toutes irrationnelles.
Je connais personnellement un maire d'une ville moyenne qui, pour avoir écrit qu'un minaret ne lui paraissait pas dénaturer le paysage traditionnel des campagnes a fait l'objet d'un véritable lynchage politique orchestré par l'UMP et le Front National.
Ce dernier en a même fait son principal thème de campagne lors des dernières élections régionales. Le qualificatif fréquemment associé à l'Islam et aux musulmans au sein de l'espace européen demeure l'épithète intégriste. Les medias cherchent à distinguer la condition du musulman intégriste de celle du musulman non intégriste.
Qui est considéré comme intégriste ? Celui qui perpétue la pratique religieuse est intégriste, celui qui l'abandonne devient un non intégriste...
Autrement dit : prier, respecter les principes du livre sacré appelé : le CORAN, observer une vie pieuse suffisent à être suscpecté d'intégrisme, de salafisme, donc d'ennemi intérieur de la République. Du temps de la guerre froide, le communisme se voyait affubler de tous les maux dont celui d'Anti-France, sous Staline dans l'ex-URSS, le mouvement trotskyste devint une cinquième colonne également ennemie intérieure de la Nation Bolchévique. Il faut croire que chaque pays a besoin d'asseoir sa légitimité "en montrant du doigt" un ennemi caché au sein même de son propre corps social et politique.
Qui sait que la paternité du terme intégriste revient à l'espagnol Candido Nocedal (né en 1821 et mort en 1885) qui fonda en 1872 un parti politique appelé le parti des intégristes, composé de catholiques intransigeants qui voulaient que le gouvernement, quelle qu'en soit la forme, se place sous l'autorité de l'église.
Aujourd'hui, et les thèmes développés par le Front National lors des élections régionales l'ont amplement démontré, lorsque l'on parle d'immigration et de musulmans, les auteurs de cet amalgame savent très bien que la quasi-totalité des msulmans résidant en France possèdent la nationalité française, nonobstant, ils entretiennent une confusion délibérée entre immigrés et français issus de l'immigration.
Autrement dit, pour les théoriciens de cet amalgame et leurs adeptes : un français de confession musulmane n'est pas un français à part entière mais un français entièrement à part. Le président du groupe UMP au Sénat, Monsieur Gérard LONGUET l'a parfaitement illustré avec son expression "corps traditionnel français".
Chers auditeurs, a'salamu'aleikum, et à la semaine prochaine, Incha ALLah.
Luis-Nourredine PITA.