LE ROLE MORAL ET EDUCATIF DE L'ISLAM!

Publié le par PITA

 

Chronique diffusée sur RFO - REUNION : LE VENDREDI 2 AVRIL 2010.

 

'asalamu'aleikum Chers auditeurs,

 

Même si le Conseil français du culte musulman existe depuis quelques années, l'islam ne bénéficie pas encore, loin s'en faut, d'un traitement identique aux autres religions quant à la reconnaissance de son rôle moral et éducatif au sein de la société civile.


Je citerai un seul exemple, lorsque Monsieur Michel ROCARD, alors premier Ministre décide, en 1989, d'envoyer une mission de réconciliation en Nouvelle-Calédonie composée de tous les acteurs représentatifs des valeurs hexagonales, cette mission comprenait des prêtres, des pasteurs, des francs-maçons, aux côtés des parlementaires pressentis pour aboutir à un compromis social. Dans cette mission, nul ne représentait les principes de tolérance et de paix inhérents à l'Islam.

 

FEU CHEIKH ABBAS : recteur de la grande mosquée de Paris de 1983 à 1989 ne cessa de réclamer un pluralisme équitable dans lequel toutes les confessions religieuses façonneraient sans le moindre ostracisme la conscience collective.

 

Depuis lors et ce jusqu'à aujourd'hui, des musulmans de tous âges et de toutes catégories socio-professionnelles, conscients des points de convergences entre les valeurs islamiques et les valeurs rationalistes désignées quelquefois comme laïques, déploient des efforts immenses pour créer des espaces de convivialité où la seule règle coercitive se nomme : harmonie entre les hommes, quelles que soient leurs origines sociales, culturelles, religieuses, ethniques.

J'ouvre une parenthèse, à ce propos, l'Islam n'est pas une nationalité, c'est une religion universelle qui regroupe aujourd'hui la proportion de croyants la plus importante au monde, environ un milliard 400 millions de personnes réparties dans les cinq continents, même, le Pape Benoît XVI a reconnu récemment cette primauté sociologique.


Aussi, réduire l'Islam à l'immigration, revient à associer les musulmans à une ethnie, ce qui s'avère antinomique avec ses fondements constitutifs révélés par le Coran : le livre sacré : parole d'Allah le Vénéré et le Tout Puissant.

 

Le discours de la fraternité doit constituer le vecteur référentiel fécondateur de nouveaux liens entre musulmans et non musulmans.

 

La sociologue algérienne LAFFIFI Wahiba écrivait dans la revue "actualité de l'émigration, n°135 du 18 au 25 mai 1988 : c'est autant de la volonté des non msulmans d'exhorciser des craintes d'origines irrationelles, que de la capacité des musulmans à maîtriser la rationalité pour apporter eux-mêmes des réponses à leurs besoins propres que dépendra le dénouement d'une situation qui dégénère quelquefois en crise de cohabitation".

 

Nonobstant, ne nous méprenons point sur la signification à donner au mot dialogue, il représente avant tout un échange d'informations, ce qui exclut toute forme de mimétisme ou d'anathème ; le but recherché n'est pas de convaincre l'autre de l'authenticité de sa vérité, mais comme l'écrit le Père Michel LELONG : "le dialogue intercommunautaire peut devenir pour chacun un appel à approfondir sa propre fidélité, tout en constituant une espérance pour le monde".

 

Chers auditeurs, 'asalmu'aleikum, à la semaine prochaine, inch'Allah.


Luis-Nourredine PITA.

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