QUI EST AUTRUI ?
L'homme n'est pas fait pour vivre seul. Il a besoin des autres, non seulement dans l'entraide et la coopération, mais au moins aussi sûrement pour partager le sentiment d'exister. Son jugement, ses découvertes, ses émotions n'ont de signification et de valeur que si d'autres peuvent aussi les éprouver ou les confirmer. Si d'autres peuvent en être les témoins ou les garants. Aussi, la communication avec autrui apparaît-elle comme le premier besoin et sans doute le plus impérieux de tous. Qu'elle soit possible suppose qu'il existe entre les hommes quelque communauté et qu'autrui ait été reconnu comme mon semblable. Est-ce toujours le cas ? Lorsque d'aucuns se permettent de décider pour Autrui ce qui lui sied ou lui sied moins, Sommes-nous toujours dans le registre du semblable ou du dissemblable ? Puisque l'actualité particularise l'humanité en apposant des épithètes exclusives : "Les Roms, Les Islamistes, les Français d'origine, les Français souchiens, Les Européens fréquentables, etc..." Ces particularismes induisent des situations dans lesquelles dominent l'hostilité et la violence. Car si autrui est toujours en quelque façon mon semblable, il est aussi différent.
Autrui est en effet le même et l'autre ; on peut nier qu'il soit différent, ou nier qu'il soit semblable, ce qui, au fond, revient au même. Autrui est l'alter ego. Proximité et distance, familiarité et étrangeté qualifient mon rapport à l'autre.
Autrui apparaît comme une figure contradictoire et énigmatique qui fascine autant qu'elle inquiète.
Voilà peut-être l'une des raisons pour lesquelles Monsieur SARKOSY après avoir diabolisé les "jeunes des banlieues" décide aujourd'hui d'expulser les Roumains...
Luis-Nourredine PITA.