L'ISLAM C'EST AUSSI LA FRANCE!
Vous trouverez ci-dessous l'intégralité de ma dernière chronique diffusée sur RFO-Réunion le 5 février 2010.
‘ASALAMU’ALEIKUM, CHERS AUDITEURS,
Comme je vous le disais dans ma précédente émission, je poursuivrai ce matin cette réflexion autour de cette problématique : L’ISLAM C’EST AUSSI LA FRANCE.
Comme le rappelle l’historien Benjamin STORA, L’Islam a été la deuxième religion de France dès que l’Algérie est devenue française en 1830. La présence importante de musulmans en France date de 1920. Le projet de construction d’une grande mosquée à Paris, formulé dès le XIXème siècle, voit son accomplissement en 1926.
En effet, à l’issue de la première guerre mondiale, au cours de laquelle : environ 500.000 musulmans originaires d’Afrique du Nord périrent sur le champ de bataille, La France reconnaissante eu égard à toutes ses victimes, fait voter par l’assemblée nationale une loi le 19 août 1920 qui alloue un crédit à l’ association : La société des Habous et des lieux saints de l’Islam créée à Alger le 16 février 1917 afin de construire une grande mosquée à Paris sur un terrain cédé par la mairie de Paris. L’ouverture de cette grande mosquée deviendra effective en 1926. Cette décision constituera la première prise en compte officielle de l’Islam par la République Française.
L’hôpital franco-musulman de Bobigny fut créé en 1935, le premier pré-carré musulman en 1937. Dès cette année, environ 100.000 musulmans étaient présents sur le territoire, à cette nuance près, qu’à cette époque, ces musulmans n’étaient pas considérés comme immigrés puisqu’ils étaient non pas des citoyens mais des indigènes musulmans : on ne les appelait ni des algériens (ou marocains, ou tunisiens), ni des immigrés, ni des étrangers, mais des indigènes musulmans sans droit de vote colonisation oblige…
Ces personnes n’avaient pas de nom bien que présentes par dizaine de milliers sur le territoire de la République, c’est ce que l’on appelle la non visibilité de l’Islam.
Soudainement dès les années 1960/1970 et au-delà, la France prend conscience que les descendants de ces mêmes personnes installées comme leurs ascendants dans l’hexagone y résideront de manière permanente puisque nés ici, ayant grandi et travaillant ici, elles n’auront plus aucune raison de retourner dans un pays d’origine, qu'elles connaissent à peine, devenu mythique.
Que s’est-il passé entre temps ? la guerre d’Algérie, l’accession à l’indépendance du Maroc et de la Tunisie.
Ces indépendances résonnèrent comme une nouvelle naissance, les pouvoirs publics firent semblant de découvrir un nombre important d’immigrés, même si beaucoup possédaient déjà la nationalité française.
Enfin dès les années 1980, les petits-enfants de ces populations affirment : « c’est fini, nous ne repartirons pas et de toute façon, nous sommes français." Ils sont devenus militants, mènent un combat pour l’égalité des droits, la citoyenneté, la reconnaissance de leur identité religieuse, culturelle. Ils s’interrogent sur leurs origines, leur généalogie familiale et collective, leurs pratiques cultuelles, ce qui passe nécessairement par l’ouverture de lieux de culte.
Or cette recherche vient se heurter et même se fracasser, à la fois sur l’histoire coloniale et donc sur l’histoire conflictuelle avec la France : Le racisme subi par leurs parents et arrière-grands-parents et le regard porté sur l’Islam.
Tant que le voile n’était porté que par des femmes de ménage, cela ne soulevait aucun débat en France, dès le jour où des cadres, des étudiantes se mirent à le porter, un séisme médiatico-politique envahit la France entière. Comprenne qui voudra, je doute fort que le débat ouvert par monsieur le ministre Eric BESSON sur l’identité nationale vienne répondre en profondeur à ces interrogations.
Chers auditeur, ‘asalamu’alleikum et à la semaine prochaine, inch’Allah.